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Qui sont les personnes impliquées dans la Becollective? (âge, passé)

La plupart des personnes impliquées sont jeunes, chômeurs, certains sont étudiants ayant peu d’expérience dans les travaux agricoles, ils viennent de différentes parties du pays, mais la plupart d’entre eux vivent à Héraklion. La seule chose que nous avons en commun est que nous participons à des luttes sociales locales ou pas, antifa e.t.c., en un mot, nous sommes camarades.

Comment Becollective a été créée ? Les personnes qui ont commencé sont toujours impliquées?

Becollective a démarré à l’initiative de 3 personnes qui travaillaient ensemble produisant des légumes biologiques (à l’époque ça s’appelait biocollective) pour les vendre au marché bio à Héraklion ; 2 ans après (en 2008) ce projet a été dissous parce que 2 des 3 personnes ont déménagé. Deux ans après, le projet a redémarré avec un tout nouvel objectif ; produire de l’huile d’olive et la distribuer à un prix équitable, en priorité à des structures, des groupes et des personnes qui sont impliqués dans les luttes sociales avec des caractéristiques anticapitalistes-antifasistes.
Petit à petit, nous rentrons dans un processus de distribution d’autres produits comme le miel de thym, des savons, du sel de mer et d’autres choses.
« Biocollective », puis « Becollective » le nom a été changé parce que s’organiser en collectif est la chose la plus importante si les gens veulent changer leur vie et renforcer leurs luttes. Une autre chose importante, est que le terme BIO signifie maintenant une alimentation saine pour les gens riches (le reste peut aller acheter de la merde à Lidl) ; aussi, il s’agit d’un mensonge (en tant que stratégie de marché), car la quasi-totalité de notre environnement (surtout les zones agricoles) est polluée, donc le sol et l’eau. Autant que possible nous essayons de produire de façon honnête et organique dans une zone de mono-culture, ce qui n’est pas le cas des agriculteurs qui nous entourent ; ainsi, nous ne pouvons pas (nous aurions pu en terme de marché), ou mieux nous ne voulons pas être étiquetés comme BIO.
Quant à la deuxième question ; une personne. Comme il s’agit d’un travail saisonnier, il y a maintenant un noyau de 5-7 personnes qui prennent soin des champs et pendant la récolte il peut y avoir environ 10 autres personnes impliquées.

Comment le réseau (qui apporte l’huile d’olive à d’autres pays en Europe) est créé? Qui en fait partie (personnes / collectifs et lieux).

Le réseau est encore en phase de développement et nous voulons que cela continue. Comme tout le reste, ça a commencé par une idée qui a ensuite été adoptée avec beaucoup d’amour par des camarades : des projets d’habitation, coopératives alimentaires, Foküs et collectifs en Allemagne.

Pourquoi Becollective a été créée? Quel est le contexte (économique / politique) dans lequel elle émerge?

Becollective a été créée pour offrir une façon de travailler, de produire et de distribuer, réaliste et autonome, pour donner aux gens et aux groupes la possibilité de gagner leur vie “en dehors” du marché capitaliste (bien que personne ne soit vraiment en dehors, disons donc d’une façon alternative), pour se connecter à des structures existantes du réseau Mondial de l’économie solidaire. Le texte qui suit est une sorte de “notre manifeste”.

Huile pour les rouages du Mouvement
“Donc nous avons un cadavre sur le dos, mais nous ne serons pas capables de nous débarrasser de lui comme ça. Il n’y a rien à attendre de la fin de la civilisation, de sa mort clinique. En soi, cela peut être d’intérêt que pour les historiens. Il est un fait, et il doit être traduit dans une décision. Les faits peuvent être escamotés, mais la décision est politique. Pour décider de la mort de la civilisation, puis pour travailler sur la façon dont il va se passer : seulement une décision va nous débarrasser du cadavre “.
Le Comité Invisible

Quand, sinon maintenant?
La roue tourne, les temps changent, et le système, ferme jusqu’à récemment, semble aujourd’hui trembler. Beaucoup de ses serviteurs se réveillent de leur sommeil bienheureux, et voient la réalité avec terreur. La classe moyenne et la classe pauvre dans leur ensemble perdent leurs illusions, par exemple la possibilité d’obtenir un prêt et de consommer. Le chômage augmente, les salaires sont en baisse, les impôts augmentent en nombre et en valeur ainsi que les prix des produits de base. Le système essaye, par des moyens de violence psychologique et physique, de maintenir son contrôle afin de ne pas déplaire aux requins des marchés et du FMI, chose qui est difficile à gérer, parce que sans la carotte le fouet est intolérable.

Qui, sinon nous ?
C’est pendant les moments de crise sociale, économique et politique que nous avons les possibilités de transformer notre théorie en pratique, de créer et de faire évoluer des réseaux, des collectifs, des communes. Des communes qui remplaceront les structures sociales: la famille, l’école, le syndicat, les clubs sportifs, etc. Des communes qui, au-delà de l’action politique, n’auront pas peur de s’organiser pour la survie matérielle et éthique de l’ensemble de ses membres et des “pauvres diables” qui les “entourent”.
Le commerce équitable et solidaire est une étape vers cette direction. Le projet “huile pour les rouages du mouvement” au delà de fournir un prix juste aux producteurs pour leurs produits, veut aller plus loin ; déposer les bénéfices supplémentaires dans un fond financier qui soutient les structures ayant des objectifs révolutionnaires et subversifs ; par exemple des médias alternatifs et de contre-information (de la presse écrite, en ligne, etc.), des fonds de solidarité pour soutenir des camarades emprisonnés et des prisonniers politiques, etc. Nous pensons qu’il est nécessaire de créer des structures qui vont à l’encontre de l’économie à la fois éthiquement et pratiquement, ; des structures qui nous permettront de gagner notre vie de façon auto-organisée et de façon digne. En outre, dans ces années de misère économique, il est stratégiquement juste d’avoir les moyens d’intervenir du mieux que nous pouvons aux changements politiques et économiques actuels, afin de poursuivre notre lutte à tous les niveaux.

Qui sommes nous
Becollective est situé en Crète (Grèce) et veut devenir un réseau, via lequel divers projets agricoles auront lieu et évolueront, en vue de distribuer leurs produits de façon auto-organisée (sans des commerçants ni intermédiaires) à d’autres structures d’esprit similaire. Les conditions fondamentales pour cela sont que tous les produits résultent d’un travail qui respecte et ne pollue pas l’environnement et que les personnes impliquées coopèrent librement et de manière égale, sans qu’il y ait des rapports patron-salarié.

Crète – Juin 2011

Comment le travail que vous faites influe
– sur les relations interpersonnelles des gens impliqués au projet,
– sur votre relation avec l’environnement ?

Travailler dans un collectif/une coopérative est complètement différent ; l’absence d’un patron signifie plus de responsabilités que de se présenter simplement et de faire son travail. La logistique, la coordination, les ressources, les outils, la prise des décisions ; tout doit être fait d’une manière collective, ce avec quoi nous ne sommes pas toujours familiers au premier abord. Ainsi, il s’agit d’un chemin difficile, rempli d’obstacles et de pièges, d’un processus d’apprentissage avec des tensions et des déceptions, mais aussi il s’agit de quelque chose qui de toute façon forge des relations fortes, d’autant plus si il y a du succès dans ce qu’on fait. Le labeur qui est en lien avec l’agriculture est aussi quelque chose qui comporte des risques, qui dépend du climat ; en particulier dans cette période de changement climatique, ce type de labeur n’aboutit pas forcement à un revenu sûr et stable. Quoi qu’il en soit, afin de gagner notre vie avec la nature, c’est à la fois un processus très éducatif et agréable.

Qu’est-ce que la Becollective a fait à votre vie? Comment elle l’a influencée?

Elle offre une alternative, une perspective brillante. La constitution d’une structure qui permet l’émancipation, qui offre l’expérience d’auto-organisation, qui sert d’exemple de travail qui peut changer des vies et des perceptions est quelque chose puissant qui a du sens. Elle constitue aussi une lutte permanente contre la pléthore de mauvaises habitudes qu’on a hérité de notre environnement.

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